Métiers de la coiffure qui recrutent à Aurillac

La coiffure figure parmi les secteurs qui recrutent le plus à Aurillac. Coiffeurs polyvalents, barbiers, coloristes techniques et responsables de salon manquent dans le Cantal, où les départs à la retraite et le déficit d’apprentis laissent des postes vacants. Voici les métiers porteurs, les formations locales et les rémunérations à attendre.
Pourquoi la coiffure manque de bras dans le Cantal
Le secteur ne parvient plus à pourvoir ses postes. Selon le rapport de branche de l’UNEC (données 2022), la France comptait 101 935 entreprises de coiffure, deuxième activité de l’artisanat, pour environ 179 700 actifs. Cette masse d’établissements, majoritairement des petits salons, entretient un besoin de main-d’œuvre continu que la formation initiale ne suffit plus à couvrir.
Aurillac n’échappe pas à cette tension. L’enquête Besoins en main-d’œuvre 2023 de France Travail recensait 5 130 projets de recrutement de coiffeurs et esthéticiens à l’échelle nationale, dont 82 % jugés difficiles par les employeurs. Le métier figure d’ailleurs sur la liste des métiers en tension fixée par l’arrêté du 22 mai 2025, publié au Journal officiel. Traduction locale : un salon de coiffure aurillacois qui cherche un professionnel qualifié attend souvent plusieurs mois avant de recevoir une candidature solide.
Les causes se cumulent. Horaires décalés, travail le samedi, station debout prolongée : le métier en tension rebute une partie des jeunes, et les ruptures de contrat d’apprentissage restent fréquentes. Les départs à la retraite d’une génération de coiffeurs installés depuis les années 1990 accélèrent le mouvement. Résultat ? Les salons qui savent recruter vite prennent une longueur d’avance.
Dans une ville comme Aurillac, sous-préfecture d’un département rural, la concurrence pour attirer un bon professionnel se joue autant sur les conditions de travail que sur le salaire. Un salon qui propose des horaires lissés, une semaine de quatre jours ou une part variable attractive capte les candidats avant les autres. La pénurie déplace le rapport de force vers celui qui cherche un poste.

Les métiers de la coiffure qui embauchent à Aurillac
Tous les postes ne se valent pas côté demande. L’UNEC estime le déficit à plus de 10 000 professionnels au niveau national, soit 15 à 20 % des effectifs manquants dans les salons. Cinq profils concentrent l’essentiel des offres dans le bassin aurillacois.
Le coiffeur mixte polyvalent
C’est le socle du recrutement. Un coiffeur capable d’enchaîner coupe femme, coupe homme, brushing et technique de couleur reste le profil le plus recherché, dans les salons de centre-ville comme dans les enseignes de périphérie. La polyvalence prime sur l’hyperspécialisation dans une ville de la taille d’Aurillac, où la clientèle est généraliste. Pour suivre les annonces publiées par les salons de la ville et de ses environs, le job board local centralise les offres d’emploi du bassin d’Aurillac, coiffure comprise.

Le barbier, une niche qui se développe
Le retour du barbier crée une demande spécifique : taille de barbe, rasage traditionnel, dégradés précis. Les salons dédiés à l’homme et les espaces barbier intégrés à des salons mixtes se multiplient, y compris dans les villes moyennes. Ce créneau fidélise une clientèle masculine régulière, avec des prestations à forte marge. Un professionnel maîtrisant la barbe cumule deux compétences rares sur le même poste, ce qui renforce sa valeur au recrutement.
La formation dédiée reste rare, ce qui accentue la pénurie sur ce poste précis. La plupart des barbiers se forment d’abord au CAP coiffure, puis complètent par des stages courts en rasage et entretien de la barbe. Un candidat qui arrive avec ces gestes déjà maîtrisés se distingue immédiatement dans un salon aurillacois qui veut ouvrir ou renforcer son offre homme.
Le coloriste technique
La couleur est devenue un acte technique à part entière. Un coloriste capable de gérer balayage, ombré, correction de couleur et coloration végétale se place sur le segment le mieux rémunéré du salon. La montée en gamme des services de couleur, portée par une clientèle mieux informée, fait de ce spécialiste un profil que les salons s’arrachent. La compétence se construit après le CAP, par la formation continue et la pratique.

Le manager ou responsable de salon
Au-delà du fauteuil, les salons cherchent des responsables capables d’animer une équipe, de piloter les plannings et de développer le chiffre d’affaires. Ce poste s’ouvre aux coiffeurs expérimentés titulaires d’un Brevet Professionnel ou d’un Brevet de Maîtrise. Il constitue une passerelle naturelle vers la gestion, puis vers l’installation à son compte. Les tendances du marché de la coiffure confirment cette professionnalisation des fonctions d’encadrement, notamment avec la location de fauteuil et les nouveaux modèles économiques.
Le coiffeur à domicile, une voie souple
Exercer sans salon fixe reste une porte d’entrée sous-estimée. D’après le rapport de branche de l’UNEC (données 2022), les salons représentent environ 68 % des entreprises du secteur, le reste se partageant notamment entre coiffure à domicile et coiffeurs ambulants. Cette forme d’exercice répond à une demande réelle dans le Cantal, où l’habitat dispersé et une population vieillissante rendent le service à domicile précieux. Un CAP suffit pour démarrer, avec un investissement de départ réduit et des horaires que le professionnel organise lui-même.
Se former à la coiffure à Aurillac et dans le Cantal
Le Cantal dispose de son propre appareil de formation, ce qui facilite le recrutement local. L’Institut de formation professionnelle et permanente du Cantal (IFPP), à Aurillac, prépare au CAP coiffure en deux ans en apprentissage, sur un rythme d’environ deux semaines en entreprise pour une semaine au centre, soit une douzaine de semaines de cours par an. La durée descend à un an pour les titulaires d’un diplôme de niveau supérieur ou d’une filière connexe.
Le CAP ouvre l’accès aux postes de coiffeur salarié et à l’exercice à domicile. Pour aller plus loin, la mention complémentaire coupe couleur se prépare en un an, et le Brevet Professionnel en deux ans après le CAP. Ce diplôme reste la condition légale pour ouvrir son propre salon ou en assurer la direction technique. Le brevet de maîtrise ajoute une dimension gestion pour les futurs chefs d’entreprise.
L’alternance présente un double avantage à Aurillac : l’apprenti est rémunéré et se constitue un réseau d’employeurs avant même l’obtention du diplôme. Beaucoup de salons recrutent d’abord leurs apprentis, puis les gardent en CDI. Se spécialiser ensuite, par exemple via une formation avancée en lissage, augmente nettement la valeur du profil sur un marché déjà favorable au candidat.
La reconversion adulte suit le même chemin. Le CAP coiffure se prépare aussi en un an pour un adulte déjà diplômé, ou par la voie de la validation des acquis de l’expérience. Le financement passe par l’OPCO des entreprises de proximité, dont dépend la branche coiffure, ou par le compte personnel de formation. Cette souplesse attire des candidats en seconde carrière, un vivier que les salons aurillacois recrutent volontiers pour sa maturité et sa stabilité.

Combien gagne un coiffeur : la grille conventionnelle
La rémunération suit la convention collective nationale de la coiffure et des professions connexes (IDCC 2596). Un coiffeur débutant classé au premier niveau démarre à 1 801,80 € bruts mensuels selon la grille issue de l’avenant n° 48, un montant aligné sur le SMIC. Quand le minimum conventionnel passe sous le SMIC, c’est ce dernier qui s’applique au bulletin de paie.
La progression dépend du niveau, de l’échelon et des responsabilités. En haut de la grille conventionnelle, un animateur de réseau confirmé atteint 3 291 € bruts mensuels. Entre les deux, un coiffeur qualifié, un technicien coloriste ou un responsable de salon se situent sur des échelons intermédiaires, complétés par des primes sur objectifs ou un pourcentage sur les ventes de produits capillaires.
La branche revalorise régulièrement ces minima. L’avenant n° 51, signé le 3 décembre 2025 et étendu par arrêté au Journal officiel, applique une hausse moyenne de 2,42 % sur l’ensemble de la grille à compter du 1er mars 2026. Un candidat a intérêt à connaître sa classification exacte, filière et échelon, avant de négocier : le diplôme détenu et l’ancienneté fixent le plancher, mais rien n’interdit de discuter la part variable. Dans un secteur qui manque de bras, ce plancher est un point de départ, pas un plafond.
Le salaire réel dépasse fréquemment le minimum conventionnel dans un secteur en pénurie. Un professionnel autonome, capable de fidéliser sa clientèle et de vendre des services techniques, négocie sa rémunération à la hausse. La rareté du profil joue en faveur du candidat, surtout à Aurillac où l’offre de main-d’œuvre reste limitée. Un coiffeur qui sait aussi conseiller sur la santé du cuir chevelu élargit encore son champ de prestations facturables.
Décrocher un poste dans un salon aurillacois
Le marché local favorise les candidats. Dans un métier inscrit sur la liste des tensions par l’arrêté du 22 mai 2025, un dossier propre et une prise de contact directe suffisent souvent à obtenir un essai. Ciblez les salons dont le positionnement correspond à vos compétences : technique de couleur, coupe homme, barbe, ou approche soin de la fibre.
Trois leviers accélèrent l’embauche à Aurillac :
- L’alternance pour les débutants, qui transforme souvent l’apprentissage en CDI.
- La spécialisation couleur ou barbe pour les profils confirmés, sur les segments les plus tendus.
- La mobilité vers les communes voisines du bassin, où la concurrence entre candidats est plus faible.
Les salons apprécient un candidat qui connaît déjà les produits et les gestes demandés par leur clientèle, et qui sait tenir une cadence sur une journée complète.
Soignez la première impression. Un book de photos avant-après, quelques réalisations de couleur ou de coupe homme, et une présence propre sur les réseaux sociaux valent souvent plus qu’un long CV dans ce métier visuel. Beaucoup de recrutements se concluent après une simple journée d’essai, où le salon juge la vitesse, la propreté du geste et le contact client. Préparez cet essai comme un vrai rendez-vous professionnel.
Prochaine étape concrète : listez les salons d’Aurillac correspondant à votre spécialité, préparez un book de réalisations, et postulez avant la rentrée, période où les besoins en personnel culminent. Un CAP en poche, une spécialisation claire et une candidature bien ciblée ouvrent la porte en quelques semaines.